- Rythme94 · nerveux
- Les gobelets passent de main en main de plus en plus vite, une manche toutes les sept secondes, une bougie qui fond pendant qu'on choisit, et un orgue de manège qui monte de 150 à 182 battements par minute.
- Exigence71,5 · plutôt impitoyable
- Trois jetons par manche : une erreur ou une bougie éteinte en coûte un, et au troisième, la manche reprend du début, soit une à deux minutes. Après deux manches perdues, il mélange un peu moins vite, sans le dire.
- Ton91,5 · inquiétant
- Un bonimenteur sans visage qui sourit, des mains trop longues aux ongles noirs, un œil qui regarde depuis sous un gobelet, une fête foraine morte qui grésille derrière, et une fin où c'est nous qu'il met sous le gobelet.
- Récit26 · plutôt muet
- Il parle peu : une phrase par manche, quand il pose la lune sous le gobelet, et un mot quand on perd ; le reste se joue dans ses mains et son sourire.
- Échelle61,4 · entre les deux
- Une table et trois gobelets sous une lampe, mais ce qu'on cherche dessous, c'est la lune, et quand on la rend, elle remonte dans le ciel au-dessus de la fête foraine.
- Forme65,3 · plutôt étrange
- Le bonneteau, que tout le monde connaît, avec une ruse inventée par manche : des passes qui reviennent, un second objet à éviter, la triche qu'on voit si l'on regarde bien.
- Image91,5 · foisonnant
- Une nuit chargée : la grande roue et le manège éteints, des guirlandes d'ampoules qui clignotent doucement, de la bruine sous la lampe, le feutre vert, le cuivre qui brille, les traînées des gobelets, la lune, et les mains du bonimenteur. Bridé sur les vieux téléphones.
Le thème
La nuit, dans une fête foraine fermée, un bonimenteur sans visage tient une table de bonneteau sous la lampe. On ne voit de lui que son chapeau, un sourire d'or et ses longues mains. Sous l'un de ses trois gobelets de cuivre, il a mis une petite lune. Il mélange, on la cherche, et chaque manche il triche un peu plus : de fausses passes, un œil sous un gobelet, une main qui escamote, puis cinq gobelets. Quand on a gagné, il soulève le dernier gobelet, et c'est sur nous qu'il le pose.
La mécanique
On regarde la lune passer sous un gobelet, les mains les mélangent à toute vitesse, puis on touche (ou l'on choisit aux flèches et l'on valide à Espace) le gobelet qui la cache, avant que la bougie ne s'éteigne. Une erreur coûte un jeton ; trois jetons perdus et la manche reprend du début. Chaque manche ajoute une ruse : des passes qui reviennent en arrière, un œil caché qu'il ne faut pas choisir, la main qui fait glisser la lune d'un gobelet à l'autre, et cinq gobelets.
Palette
Feutre vert de table #0f2a22, gobelets de cuivre martelé #b87333 aux reflets roses, lune nacrée #f2ecd8, lampe ambrée #ffcf7a, mains blêmes #c9cfd8 aux ongles noirs, sourire d'or #e8c060, et derrière, les lumières éteintes d'une fête foraine : manège, grande roue, ampoules magenta #ff4fa8 et turquoise #3fd8d0 qui grésillent. Abril Fatface pour le titre, Libre Caslon pour le reste. Velours, cuivre et arnaque.