- Rythme52,3 · entre les deux
- Un lancer dure cinq à huit secondes, avec trois à neuf rebonds qu'on frappe chacun au bon moment. Entre deux lancers, on souffle le temps de ramasser un galet. Il n'y a pas de chrono, mais chaque rebond est un petit réflexe.
- Exigence54,2 · entre les deux
- Un galet qui coule ne coûte qu'un galet du tas, qui en compte sept par étape. Le tas vide, on reprend l'étape en cours, deux minutes et demie au plus. Le premier galet de chaque étape ne se perd jamais : il revient sur la rive.
- Ton47,7 · entre les deux
- C'est le plein soleil d'un début d'après-midi, avec un étang tiède, des libellules et des canards. La seule étrangeté, douce, c'est l'eau qui garde ses ronds et quelqu'un qui répond depuis l'autre rive. On reste curieux, jamais inquiet.
- Récit29,6 · plutôt muet
- On ne lit aucune phrase de récit, seulement le panneau de bois « Étang des Aulnes », les petits mots de geste qui s'effacent et le compte des rebonds. L'histoire passe par la silhouette d'en face, qui imite tes lancers, puis te répond, puis te renvoie ton galet.
- Échelle34,4 · plutôt intime
- Il y a une personne, une rive, un étang de quarante mètres et quelqu'un de l'autre côté. Tout tient dans un après-midi et dans la paume d'une main.
- Forme62,2 · entre les deux
- La base se connaît : on fait des ricochets en frappant au contact. L'étrange se voit tout de suite : chaque rebond laisse sur l'eau un rond nacré qui reste, et un galet qui retombe dans un ancien rond repart deux fois plus loin. Le lac se souvient, et on apprend à jouer avec sa mémoire.
- Image48,1 · entre les deux
- L'image est à mi-chemin : une eau turquoise avec des reflets qui bougent, des ronds qui s'élargissent, des roseaux, des nénuphars, des libellules et quelques canards. Les galets sont gros et lisibles, et il reste beaucoup d'eau calme autour de la trajectoire.
Le thème
Un jeudi d'octobre, de 8 h à 9 h, sur un bureau au soleil. Un petit bonhomme dessiné à l'encre bleue se met en marche et traverse les papiers du bureau : un ticket de train du 15 octobre, 8 h 12, une lettre qui dit « Viens. », un plan de ville, puis le journal du matin sous l'averse. De l'autre côté du plan, on devine par transparence une adresse entourée de rose et quelqu'un qui attend. Au dernier pli, le plan se replie jusqu'à lui, les deux silhouettes se donnent la main, et les papiers deviennent un oiseau qui s'envole par la fenêtre.
La mécanique
Le bonhomme marche seul sur les traits d'encre. On plie les rabats du papier (toucher ou glisser le rabat, ou flèches puis Entrée au clavier) : le dessin du verso, qu'on voit d'abord à l'envers par transparence, vient à l'endroit et prolonge le chemin. Un rabat plié par-dessus un autre cache ce qu'il couvre, et on ne plie pas un rabat sur lequel il marche. Le toucher (ou flèche bas) le fait attendre. S'il marche hors de l'encre, il trébuche une seconde puis tombe ; on reprend au dernier tampon, avec les plis de ce moment. Au plan, le vent rouvre les rabats ; au journal, chaque goutte s'annonce par une ombre qui grossit, et un rabat replié sur lui l'abrite.
Palette
Papier blanc chaud #f7f3ea, verso #e7e1d3, encre de stylo-plume bleue #2340b8, rose de tampon #e0567a, bureau miel #c89b62, bande de soleil citron #ffe08a, ombres lavande #b9b5cc, papier journal #d8d4cb. Kalam pour l'écriture à la main, DM Mono pour le ticket et le journal. Lumineux, net, tactile, avec une petite inquiétude.