- Pace62.9 · in between
- Le vélo roule tout seul au pas des pédales, sur un tempo de 92 puis 104 battements par minute. Il faut lancer la lettre au bon moment quand la boîte passe, et chaque rue se termine par un carrefour où le vélo s'arrête et où l'on regarde la brume bouger sans rien faire.
- Difficulty54.6 · in between
- Une lettre perdue (boîte ratée ou mauvaise boîte) part dans la pile « retour ». À trois retours, on refait la rue depuis son coin, soit environ une minute et demie perdue. La fenêtre de lancer est de ±160 ms et s'élargit sans le dire après deux échecs dans la même rue.
- Tone62.7 · in between
- La tournée est tendre : des fenêtres où l'on vous fait signe, un chien qui court à côté, une tasse posée sur un muret. Mais la brume garde des maisons qui n'étaient pas là hier, des boîtes qui s'ouvrent seules et des silhouettes de voisins qu'on sait partis. La fin console au lieu de faire peur.
- Story27.9 · rather silent
- On ne lit que ce qui est écrit dans le décor : les noms de rue sur les plaques, le numéro et le nom sur chaque enveloppe, un tampon de la poste. À la fin, on lit une seule carte, écrite à la main, adressée au facteur. On ne trouve jamais de phrase hors du monde.
- Scale33.1 · rather intimate
- Le jeu se passe dans un village, une seule tournée du matin, cinq rues et une trentaine de maisons. C'est plus large qu'une cuisine mais reste intime : on connaît chaque boîte, et tout tient en une matinée, de 7 h à midi.
- Form63.2 · in between
- La base est familière, celle du livreur à vélo en défilement : on tape pour lancer la lettre dans la boîte qui porte le bon numéro. Chaque rue ajoute une règle qu'on n'énonce pas et qu'on apprend en se trompant : la boîte au drapeau levé qu'il faut vider plutôt que remplir, la maison de brume où l'on ne poste jamais, la rue qui revient sur elle-même, puis les boîtes invisibles qu'on trouve au son.
- Look32.3 · rather spare
- Trois couleurs : le blanc de brume, l'ardoise bleue des maisons dessinées au trait et le jaune postal des boîtes, du vélo et des enveloppes. Il y a beaucoup de vide, et c'est la brume qui fait apparaître et disparaître le décor. Seul le jaune est plein.
The theme
A Tuesday in October, from 7 a.m. to noon. It is a postman's last morning before he retires, and he rides his round by bike through a village lost in fog. He brings the post to everyone, even to the houses whose people are gone, which the fog brings back for the length of a letter. At noon, the fog lifts over his own mailbox.
The mechanics
The bike rolls on by itself, faster and faster, between two rows of mailboxes: odd numbers across the street, even ones on your side. The top letter shows its number; tap (click, space or tap) when its box crosses the yellow line. Every letter delivered builds momentum, and five in a row win back a returned one. A missed box or a wrong box sends a letter to the "returned" pile, and at three returns you ride the street again. Each street adds a rule no one states: the raised flag whose box you empty, the fog house that copies the number next door, the road that comes round again where the ink has run and you follow the dog, the invisible boxes you find by ear.
Palette
Fog white #e6e9e4, blue slate #3d4a57 for the line work, postal yellow #f0b323 in flat fills for the boxes, the bike, the satchel and the envelopes. Special Elite for the signs and numbers, Caveat for the closing card. Soft, early-morning, slightly adrift.