- Rythme36,8 · entre les deux
- On tient, on lâche, on tient encore : le tempo, ce sont les coups d'œil de l'ours, avec une fenêtre de neuf secondes par tour. Jamais un pur test de réflexes, plutôt une tension lente qui se resserre un peu à chaque plateau.
- Exigence57,4 · entre les deux
- Se faire prendre annule la poussée et donne deux cases à Basile ; quatre prises, ou Basile arrivé le premier, et le plateau recommence. Chaque échec adoucit le dé d'un cran, sans le dire : on finit toujours par passer.
- Ton52,8 · entre les deux
- Une partie complice, chaude et taquine : personne n'a mal, tout le monde triche. Un peu de malaise au troisième plateau, quand la main de Basile se met à ramper vers son pion.
- Récit41,6 · entre les deux
- Quelques bulles courtes de Lila et de Basile, une ligne chacune, et une dernière phrase à la fin. L'histoire, c'est la course elle-même, et le retournement : Lila savait.
- Échelle64,6 · entre les deux
- La partie commence sur une table de cuisine et la caméra ne cesse de reculer : la ville, l'Europe la nuit, tout le système solaire. Chaque victoire agrandit le plateau d'un cran.
- Forme49,7 · entre les deux
- Le jeu de l'oie, tout le monde connaît. L'inventé, c'est le verbe : on pousse le pion en maintenant, et on lit les regards de l'ours pour savoir quand lâcher.
- Image46,2 · entre les deux
- Des planches peintes à la gouache pour les quatre plateaux, les visages de Lila, l'ours et les mains, posées sur un plateau net dessiné en code. Assez dense pour qu'on y entre, assez plat pour qu'on lise toujours les pions.
Le thème
Un soir d'automne, Lila, six ans, joue au jeu de l'oie contre son cousin Basile, qui a un dé pipé et un ours en peluche, Doudou, pour faire le guet. On l'aide en cachette. La partie grandit à chaque victoire : la table de cuisine, la ville sous la pluie, l'Europe vue de la nuit, puis le système solaire. À la fin, on découvre que Lila avait tout vu, et qu'elle triche aussi.
La mécanique
Chaque tour, les dés avancent les pions (petit dé pour Lila, dé pipé pour Basile), puis une fenêtre de neuf secondes s'ouvre : on maintient le doigt, la souris ou Espace pour pousser le pion de Lila, jusqu'à quatre cases, et on lâche quand Doudou se tourne (il prévient d'un coup d'œil de côté, parfois pour rien). Pris, le pion recule et Basile gagne deux cases ; quatre prises ou une victoire de Basile, et le plateau recommence. À partir du troisième plateau, Basile triche aussi : on touche son pion pendant que sa main s'en approche.
Palette
Lin de nappe #f1e6cf, tomate #d9482b, moutarde #e8b23a, bleu-vert #2c7a7b, indigo de nuit #1b2150, rose de pion #ef8fa3. Gouache d'album des années cinquante, aplats et grain de pinceau sec. Fredoka et Patrick Hand. Complice, chaud, un peu fiévreux, avec un grand ciel qui s'ouvre.